La ménagerie de l'Accademia della Crusca
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Lieux associés : Studio Fiorentino
Charles de Brosses, plus médisant que jamais, évoque l'Accademia della Crusca, ancêtre de l'Académie française, alors hébergée via dello Studio.
Je me suis aussi amusé à voir le théâtre des combats d’animaux[1], fort joliment construit en loges de pierres grises, avec une arène ou parterre au milieu. La ménagerie est à côté ; il y a une lionne qui rapporte comme un barbet, un tigre d’une grandeur démesurée et beau comme un ange, avec deux petits tigrons qui sont bien du plus méchant caractère que l’on puisse se figurer.
Il faut voir aussi une autre espèce de ménagerie ; c’est la salle de l’Académie de la Crusca, où le siège de toutes les chaises sur lesquelles on se met est une hotte, et le dos une pelle à four ; le directeur est élevé sur un trône de meules ; la table est une pétrissoire, les garde-robes sont des sacs : on tire les papiers d’une trémie. Celui qui les lit a la moitié du corps passé dans un bluteau, et cent autres coïonneries relatives au nom de la Crusca, qui signifie son de farine ; car le but de son institution est de bluter et ressasser la langue italienne, pour en tirer ce qu’il y a de plus fine fleur de langage, rejetant ce qu’il y a de moins pur. Vous savez combien cette académie est célèbre et mérite de l’être ; mais ce n’est assurément pas par cette puérile allusion qu’on ne doit imputer, ainsi que les noms bizarres que se sont donnés la plupart des académies d’Italie, qu’au mauvais goût qui étoit en vogue lorsqu’elles ont commencé.
References
- N’existe plus.