Les artistes au baptistère de Florence
Lieux associés : Baptistère
Vasari mentionne quelques interventions des artistes au Baptistère, dont le fameux concours pour la réalisation des portes.
L’an 1401, les Florentins résolurent de faire les deux portes en bronze du baptistère de San-Giovanni, que, depuis la mort d’Andrea de Pise, aucun maître n’avait été capable d’exécuter. Ils choisirent sept sculpteurs parmi ceux qui se présentèrent pour concourir, et leur allouèrent un traitement convenable, à la charge pour chacun d’eux de fournir, à la fin de l’année, un panneau en bronze. Les sept élus furent Filippo Brunelleschi, Donato, Lorenzo Ghiberti, Jacopo della Quercia, Simone da Colle (4), Francesco di Valdambrina et Niccolò d’Arezzo. À l’époque fixée, les sept modèles furent exposés. Ils étaient tous très-beaux et différents entre eux de qualités et de défauts. Celui de Donato était bien dessiné et mal exécuté ; celui de Jacopo della Quercia était bien dessiné et d’une exécution soignée ; mais il péchait par la perspective ; celui de Francesco di Valdambrina était pauvre d’invention, et les figures étaient mesquines. Les moins remarquables étaient ceux de Niccolò d’Arezzo et de Simone da Colle. Celui de Lorenzo Ghiberti l’emportait sur tous les autres ; il réunissait le dessin, l’invention et la composition, à la beauté et au fini des figures ; celui de Brunellescbi n’était pas loin d’atteindre à la même perfection. Notre artiste avait représenté un serviteur d’Abraham se tirant une épine du pied, pendant que son maître s’apprête à sacrifier Isaac. Le jour du jugement arrivé, Brunelleschi et Donato proclamèrent la supériorité de Ghiberti, et prouvèrent par de bonnes raisons, aux consuls, qu’il méritait le prix, et que la patrie serait mieux servie par lui que par tout autre. Noble désintéressement, plus glorieux que la victoire elle-même ! Ils applaudissaient et aidaient au triomphe d’un rival. Les artistes d’aujourd’hui, hélas ! ne connaissent point ce bonheur. Ils se déchirent à belles dents, et l’envie leur ronge le cœur. Les consuls prièrent Filippo de partager l’entreprise avec Ghiherti : mais il s’y refusa, aimant mieux être le premier dans un autre art, que de rester en arrière, ou même sur le rang de Lorenzo. Il donna son bas-relief en bronze à Cosme de Médicis, qui, plus tard, l’employa à orner le devant de l’autel de la vieille sacristie de San-Lorenzo, où on le voit à présent. Le bas-relief de Donato décore la salle des Changeurs.
(…)
Donato [Donatello] sculpta, par l’ordre de Cosme de Médicis, dans le temple de San-Giovanni de Florence, le tombeau du pape Jean Coscia, qui fut déposé par le concile de Constance (1). Donato accompagna la figure en bronze doré de Jean Coscia, des statues en marbre de l’Espérance et de la Charité : celle de la Foi est due au ciseau de son élève Michelozzo.
En face de ce tombeau, Donato plaça une Madeleine en bois. Le corps de cette sainte, amaigri par le jeûne et la pénitence, montre que notre sculpteur entendait parfaitement l’anatomie (2).
Il décora ensuite la place du Marché-Vieux d’une statue de l’Abondance en pierre de macigno, qui lui valut les éloges de tous les artistes et de tous les connaisseurs (3). Cette statue est supportée par une colonne de granit qui était auparavant dans le temple de San-Giovanni, où elle fut remplacée par une colonne cannelée, sur laquelle était autrefois un Dieu Mars que l’on enleva lorsque les Florentins se convertirent à la religion du Christ (4).